Vision polymorphe , Novembre 2009

Publié le par JLB

IL Y A 20 ANS…. TOMBAIT LE MUR DE BERLIN 

 

Le 9 novembre dernier, le monde entier célébrait la chute du mur de Berlin. L’occasion de revenir sur cet événement.

 

À la suite de sa construction en 1961, le mur de Berlin devient l'un des symboles physiques de la Guerre Froide. Pendant presque trente ans c'est non seulement la capitale allemande, mais le pays, l'Europe et le monde lui-même que va scinder en deux le "Berliner Mauer".Construit par les Soviétiques pour stopper le flot d'émigration croissant vers la RFA que subit la RDA depuis sa création en 1949. Il  ne sera abattu qu'en 1989, avec l'affaiblissement de l'Union soviétique, conséquence de la politique de libéralisation conduite par Gorbatchev. Face au gouffre économique entre les deux Allemagnes, Helmut Khöl, Chancelier de la RFA, annonce dès le 28 novembre 1989 un plan en dix points visant la réunification. Le 12 septembre 1990 est signé le Traité de Moscou. Les deux Allemagnes (RFA et RDA) sont officiellement réunifiées. La nuit du 9 novembre est une nuit historique dans l'histoire de l'Allemagne mais aussi de l'Europe, et du monde car elle marque le début de la chute du Rideau de Fer et la fin de la bipolarité du monde après l’effondrement du bloc soviétique.

 

En chiffres, le Mur c’est :

Un mur 155 km, dont 43 km scindant Berlin en deux du nord au sud et 112 km isolant l'enclave de Berlin-ouest du territoire de la RDA.

7 régiments de 1.000 à 1.200 soldats assurant une surveillance dans 302 miradors et 20 bunkers situés à proximité du Mur.

-Des miradors distants de 250 à 300 mètres dans le centre-ville et reliés entre eux par un chemin de ronde.

 

Des lampadaires tous les 30 mètres si bien que le Mur était le lieu le mieux éclairé de tout Berlin. La partie Est de la ville restait plongée dans l'obscurité.                                                 Sur plus de 106 km de long, des plaques de béton armé d'une hauteur de 3,60 m et surmontées d'un cylindre n'offrant aucune prise pour une escalade. Le reste était constitué de grillages métalliques.

127 détecteurs ou alarmes installés pour dissuader les candidats à la fuite et empêcher des véhicules de franchir le Mur.

138 victimes recensées, 5000 évasions

 

La presse est évidemment revenu sur la commémoration de la chute du Mur . Voici mon choix d’articles :

 

Le Monde, « L'Allemagne fête les 20 ans de la chute du Mur », 9 Novembre 1989

 

En lisant Daniel Barenboim on est invité à se poser cette question : « 20 ans après ,que reste t-il des divisions entre les Allemands de l’Est et les Allemands de l’Ouest ? »

  K. Shroeder directeur de l’Institut de recherche sur l’ex-RDA constate qu’ils  restent « souvent étrangers les uns aux autres". Les Berlinois de l’Est seraient trop arrogants et ceux de l’Ouest responsable –ou plutôt tenu coupable d’une disparité économique encore présente .

Mais le journaliste du Monde ajoute des précisions :

Le fossé économique s’est  pourtant en grande partie résorbé si on tient compte du PIB  de l’ex RDA qui fait aujourd’hui 70% du PIB de celui de l’ex-RFA  (contre 33% en 1991) . Mais la population de l’ex-RDA est vieillissante est deux fois plus touchée par le chômage .

 

 Mais le cœur de l’article de Daniel Barenboim  est la commémoration de la chute du Mur .

Cet événement devait  regrouper 100 000 personnes. Un spectacle parmi  d’autres faisait  une mise en scène  théâtrale avec des comédiens habillés en anges perchés sur les toits du centre-ville : un clin d’œil au film Les Ailes du Désir de Wim Wenders . Mais ce n’est qu’un exemple parmi d’autres de la multiplicité des représentations scéniques, des débats , des discours et  des concerts . Tous les chefs d’Etats ou de gouvernements de l’Union européenne étaient invités. On remarqua l’absence du Président Obama et bien sûr d’H. Khol . Le premier était représenté par sa secrétaire d’Etat H. Clinton . Mr Kohl quand à lui s’est fait excuser pour raison de santé .

L’article traité  peut être trouvé en ligne à l’adresse suivante : 

:http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/11/09/l-allemagne-fete-les-20-ans-de-la-chute-du-mur_1264480_3214.html

 

 

 

 

Die Zeit (hebdomadaire allemand d'information et d'analyse politique) ,

 

« Le Mur est tombé à Leipzig », 9 octobre 2009

Dans un article paru un mois avant la célébration de la chute du mur de Berlin, Evelyn Finger de Die Zeit, explique que c’est le 9 octobre 1989, que le régime est-allemand a commencé à vaciller à Leipzig. Sans la manifestation de ce jour-là, l’Histoire aurait pu être différente. En effet, c’est ce jour là  que l’État s'est trouvé pour la première fois dans une situation d’impuissance, lorsque 70 000 personnes ont envahi la ville et paralysé l’appareil de répression. Cet événement a certainement eu une incidence pour la suite dans d’autres villes du pays, et notamment à Berlin  .

 

Extrait de l'article à lire pour mieux comprendre la position de l'auteur :

« Aujourd’hui, la concurrence entre les deux villes est attisée par le fait que la ville de Berlin a été élevée au rang de symbole de la réunification. Il est vrai que le mur de Berlin symbolisait la division allemande. Ceux qui l’ont pris d’assaut en dansant ne doivent toutefois pas masquer qu’un silence angoissé régnait le jour-même où tout s’est décidé. La peur est un peu tombée dans l’oubli parce qu’il existe très peu d’images des premières manifestations du lundi, celles qui se sont déroulées à partir de septembre 1989 et jusqu'au 9 octobre de la même année. Les journalistes de l’Ouest n’avaient des accréditations que pour Berlin. De plus, il était dangereux de filmer, comme le montrent les images tournées en secret. On voit l’absence de protection pour la foule dispersée et la répression exercée sur les manifestants encerclés. »

 

Car l’auteur de cet article veut nous prendre conscience de la menace de mort qui plane sur les manifestants. Les brigades de la  Bereitschaftspolizei ont  du mal à contenir leur nervosité Ce n’est  pas moins d’une de demi-douzaine de chars d’assaut qui peuvent intervenir. Mais ces éléments ne sont pas visibles dans les images officielles. 

Le journaliste insiste ensuite sur le décalage entre les récits historiques a posteriori et la réalité : il y avait des dissidents dans toute la République. Leipzig et Berlin n'étaient aucunement divisés: les Berlinois sont allés manifester à Leipzig et les citoyens de Leipzig à Berlin. Les manifestations eurent lieu partout dans la République. Mais il semble,  en suivant l'analyse de Evelyn Finger, que Berlin devait servir de mythe , faisant alors oublier une partie du déroulement des circonstances .

L’article traité  peut-être trouvé en ligne à l’adresse suivante : 

 http://www.presseurop.eu/fr/content/article/112421-le-mur-est-tombe-leipzig

 

 

El Pais (quotidien espagnol) : « Le capitalisme et la démocratie en Europe de l’Est en berne », 9 novembre 1989

 

Fernando Peinado, évoque dans son article une enquête récente réalisée sur les anciens habitants du bloc communiste par l’institut de sondage américain Pew Research Center. Ceux-ci auraient perdu de leur enthousiasme avec l’arrivée de la démocratie et du capitalisme en Europe de l’Est (d’où le choix du titre). À titre d’exemple, les Ukrainiens seraient seulement 30% aujourd’hui à soutenir un système multipartiste contre…72% en 1991 (année de l’indépendance du pays).  En Russie, les plus de 65 ans seraient seulement 27% (à l’inverse de la grande majorité des moins de 50 ans)  à se faire une idée positive du pluralisme politique et de l’économie de marché avec cependant l’impression d’être plus pauvre qu’il y a vingt ans. Seuls 47% des Polonais et 45% des Tchèques pensent que leur situation économique est meilleure maintenant que lorsqu’ils vivaient sous le modèle communiste. 72% des Hongrois, 62% des Ukrainiens et des Bulgares croient que le système de l’économie de marché les a rendus plus pauvres. Paradoxalement, l’auteur révèle que la grande majorité des gens de l’Est sont satisfaits de leur vie. Seulement, ils regrettent de ne pas pouvoir profiter des bienfaits de la démocratie - ce qui explique en partie ces chiffres - alors que la chute du mur en 1989 devait marquer la fin de la censure, de la pauvreté et  du non-respect des droits de l’homme.

L’article traité  peut être trouvé en ligne à l’adresse suivante : 

http://www.elpais.com/articulo/internacional/capitalismo/democracia/pierden/apoyo/Europa/elpepiint/20091109elpepiint_5/Tes/

 

 




Fraternité matin
(quotidien ivoirien de langue française) : « Commémoration - La chute du mur de Berlin mise en scène à Abidjan », 16 novembre 2009

 

Cheikna D. Salif, nous explique comment les étudiants du club Allemand d’une université d’Abidjan ont célébré la chute du mur de Berlin et rendu hommage à toutes les victimes de cette période de l’Histoire allemande, avec des textes littéraires, des chansons, des poésies, du tissu dressé pour l'occasion. L’auteur de l’article explique que le public venu assister à cette représentation, a pu se rendre compte des divergences d’opinions au sujet de la chute du mur de Berlin. Il cite l’exemple de l'écrivain Allemand Thomas R.P. Mielke qui regrette sa disparition.   « Vivre à Berlin faisait du bien. Berlin était pour moi le lieu le plus sûr au monde. (..) J'avais la conviction qu'une bombe atomique ne tomberait jamais là-bas. Pour certains, cela peut paraître cynique, mais moi je me suis senti très bien sur cette île, dans un Berlin entouré de mur. Berlin faisait du bien». Cheikna D. Salif donne aussi l’exemple inattendu de Karin Schopa, designer textile, pour qui le 9 novembre fut une expérience aussi difficile à vivre que le 13 août 1961, la nuit où le Mur fut construit, devenant le symbole du clivage idéologique Est/Ouest.

L’article traité  peut-être trouvé en ligne à l’adresse suivante : 

http://fr.allafrica.com/stories/200911170212.html

 

Laura Zéphirin

Publié dans Vision polymorphe

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